• Ces images proviennent-elles d’une seule et même enseigne ?
    Si vous répondez oui, c’est qu’il y a un problème. (Spoiler : il y a bien un problème).
    Ces images ont en fait été générées à notre demande par une IA. Nous ne sommes pas restauratrices, nous ne vendons pas de burgers mais pourtant ces visuels ressemblent à ceux que l’on voit proliférer.

    Eh oui, vous l’avez sans doute remarqué, ce type de visuels pullule en ce moment sur internet mais aussi dans les rues : affiches, flyers, on les voit partout !

    On assiste de nos jours à ce que l’on appelle « l’AI slop » (ou « bouillie d’IA »).

    Et s’il y a bien une chose qui saute aux yeux, c’est la ressemblance entre ces images : mêmes graphismes, même saturation de l’espace, même types de phrases… bref, une esthétique désormais immédiatement associée à l’IA générative. On ne parvient plus à distinguer les enseignes les unes des autres, malgré les logos différents. Finalement, les images sont toutes interchangeables.

    Images générées par IA : des visuels deviennent interchangeables ?

    Cette impression de déjà-vu ne relève pas uniquement de la lassitude. Des recherches1 sur les générateurs texte-image identifient un manque de diversité dans certaines séries de productions. Une étude récente décrit même des « images par défaut » : face à des demandes pourtant différentes, le modèle peut revenir vers des motifs et des styles très proches.

    Le problème n’est pas que l’IA produit forcément de mauvaises images — même si les graphistes et les designers auraient certainement des choses à redire. Le problème est ailleurs : elle produit souvent des images génériques. Et une image générique construit rarement une bonne identité de marque.

    Résultat : les commerçants, restaurateurs, artisans ne parviennent plus à montrer leur singularité ni à se démarquer car on ne peut pas faire d’unicité avec un outil générique.

    Effectivement, produire une image qui semble attractive n’est pas construire une identité ni une vraie communication. Et quand la communication ressemble à toutes les autres, elle ne vous rend plus reconnaissable.

    Il y a aussi un autre aspect qu’il ne faut pas négliger, c’est l’impact, souvent négatif, de la multiplication de ces images. Lorsqu’un visuel est identifié comme généré par IA, il peut paraître moins fiable et moins authentique.

    Une expérience menée auprès de 304 personnes par Britta Koning et Hilde A. M. Voorveld (2025)2 a observé une baisse de la confiance envers la publicité, mais aussi envers l’entreprise qui la diffusait. Dans le secteur alimentaire, Han Chen et ses collègues (2026)3 montrent, à travers trois expériences, qu’une image signalée comme générée par IA peut diminuer l’authenticité perçue, le goût attendu du produit et, finalement, l’intention d’achat.

    Il faut nuancer : la réaction négative ne vient pas forcément d’une détestation de l’IA mais le public peut interpréter son utilisation comme un signal du type : « Si l’entreprise ne soigne pas sa communication, soigne-t-elle davantage ses produits ? »

    Visuels générés par IA : quels risques pour l’image de marque ?

    Aux Etats-Unis, les propriétaires d’un restaurant de San Francisco en ont fait les frais. Un reportage de la NBC4 montre qu’en juillet 2026, un restaurant a subi une violente réaction après avoir utilisé des images générées par IA pour illustrer sa carte en vitrine. Les critiques portaient sur l’aspect artificiel des plats et sur le fait que les images ne montraient pas la nourriture réellement préparée par le restaurant. La polémique a rapidement pris de l’ampleur : moqueries massives, commentaires hostiles et dégradation de la devanture.

    Mais pas besoin d’aller à l’étranger pour observer la défiance du public envers les visuels générés par IA. En France, la marque Canson en a fait l’expérience et a été fortement critiquée sur les réseaux sociaux suite à une de ses publications pour son concours « Réinvente ta Pochette » organisé du 4 juillet au 16 août 2026.

    commentaires critiquant l'IA sur une publication Facebook de la marque Canson
    Quelques exemples de commentaires laissés sous la publication Facebook de Canson

    Le principe du concours consiste à inviter le public à dessiner une nouvelle illustration destinée à être imprimée sur la célèbre pochette de papier, mais le visuel promotionnel adopte une esthétique associée aux productions générées ou assistées par intelligence artificielle : typographies manuscrites accumulées, coups de pinceau décoratifs, pictogrammes dispersés et composition très chargée.

    C’est cette dissonance de marque — ce décalage entre les valeurs affichées et la manière de communiquer — qui a suscité les réactions du public : une marque qui vend du papier à dessin et met en avant la création manuelle … choisit un visuel que son propre public identifie comme généré par IA. Ironique n’est-ce pas ?

    Ces cas montrent à la fois le risque réputationnel lié aux visuels générés et la brutalité que peuvent prendre les réactions collectives en ligne.

    Attention, il ne s’agit pas ici de jeter la pierre sur les commerçants ni de les boycotter. Pour une petite entreprise, un rejet peut même sembler injuste car l’IA est souvent utilisée faute de budget. Mais elle peut tout de même affecter la réception du contenu.

    Comment reconnaître un visuel généré par IA ?

    Mais alors, qu’est-ce qui caractérise ces affiches ? Une construction visuelle qui reste presque identique quel que soit le secteur concerné.

    affiches ia burgers

    Tout d’abord : l’accumulation et la saturation visuelle. Aucun espace n’est laissé vide, il faut que toute l’affiche soit remplie. On trouve donc le produit ou le lieu, des produits secondaires — ou autres détails secondaires — plusieurs slogans, des arguments commerciaux, les horaires et le contact (parfois), des pictogrammes, des cœurs, des flèches, des badges…

    Rien n’est véritablement sélectionné ni hiérarchisé, tout ou presque semble avoir la même importance : le titre est immense mais le sujet/thème l’est aussi. Plusieurs encadrés attirent l’attention en même temps. Les couleurs sont saturées, les contrastes très marqués. Chaque élément a été designé comme étant le plus important de l’affiche ce qui fait que l’on ne sait plus où donner de la tête.

    Autre caractéristique : la surenchère autour du produit. Sur les affiches, les burgers sont énormes, brillants, parfaits. Les frites débordent. Tout est « plus » : plus généreux, plus croustillant, plus frais, plus gourmand que dans la réalité. L’image ne montre pas le produit tel qu’il est vraiment, elle en fabrique une version idéalisée.

    On remarque une autre chose : l’emploi d’un même vocabulaire comme « fait maison », « artisanal », « généreux », « naturel », « local », « gourmand », « avec passion », « avec amour », « authentique ». Le but ? Produire de la proximité et de l’authenticité. Pourtant, à force d’être utilisé partout, il finit par ne plus rien raconter de particulier.

    C’est particulièrement visible dans les affiches présentant un produit dit artisanal (confiture, miel, fromage ou autre). Tous les codes voire les clichés associés à l’artisanat sont là : nature, animaux, fleurs…

    La typographie est elle aussi reconnaissable. Lettres manuscrites, effets de pinceau, encadrés, couleurs vives ou au contraire qui tendent vers le sépia, etc. L’image imite un univers spontané et chaleureux, alors même qu’elle a été produite automatiquement.

    Le « guide graphique » typique de l’IA

    Enfin, ces visuels servent surtout à signaler immédiatement un secteur d’activité. On reconnaît l’univers d’un restaurant, d’un spa ou d’une agence de voyages, mais on ne sait finalement rien de l’entreprise elle-même. Et c’est là que se situe le vrai problème. Ces affiches ne nous disent pas : « voici qui nous sommes », « voici notre histoire », « voici ce que nous faisons vraiment ». Elles nous disent seulement : « voici notre secteur d’activité ».

    Mais, me direz-vous, faire appel à des professionnels est-il vraiment indispensable ? Eh bien non, pas indispensable puisqu’il est possible de créer soi-même certains contenus, surtout quand on débute ou si l’on dispose d’un budget limité. Mais faire appel à des professionnels permet d’aller plus loin qu’un simple visuel. Vous avez un interlocuteur avec qui échanger, qui cherche à comprendre votre activité, votre public, votre ton et ce qui vous distingue réellement des autres. Son rôle est de faire ressortir votre identité pour construire une communication qui reste reconnaissable.

    Et contrairement à ce que l’on pense, cet accompagnement n’est pas nécessairement hors de prix. Il peut être adapté aux besoins et aux moyens de chaque entreprise : création d’un visuel ponctuel, accompagnement sur une campagne, définition d’une ligne graphique ou prise en charge plus complète de la communication.

    C’est justement le principe chez K2Line : faire du sur-mesure, sans faire exploser le budget. Alors si vous voulez voir ce que ça peut donner concrètement, nos services sont par ici.


    1. On peut notamment citer Simonen, H., Kiviniemi, A. et Oppenlaender, J. (2025). An Exploration of Default Images in Text-to-Image Generation. Prépublication arXiv, version 2, 5 juillet 2025. ↩︎
    2. Koning, B. et Voorveld, H. A. M. (2025). « Disclaimer! This Content Is AI-Generated: How AI Disclosures Influence Trust in Advertisements and Organizations », Journal of Interactive Advertising, 25(3), 240–253. DOI : 10.1080/15252019.2025.2554149. ↩︎
    3. Chen, H. et al. (2026). « Tainted by Technology? The Effect of AI-Generated Image Labels on Consumers’ Food Purchase Intentions », British Food Journal, 128(6), 2214–2230. DOI : 10.1108/BFJ-08-2025-1101. ↩︎
    4. https://www.nbcbayarea.com/video/news/local/sf-restaurant-backlash-ai-menu/4115963/ ↩︎
Avatar de Carine Porta

À PROPOS DE L’AUTRICE